Le 12 février 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a officiellement adopté la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) par décret, fixant ainsi la stratégie énergétique de la France pour la décennie 2026-2035. Ce texte, attendu depuis près de trois ans, suscite autant d’espoir que de critiques, notamment sur la méthode d’adoption, les objectifs affichés et les moyens alloués.
1. Une adoption par décret : gain de temps ou passage en force ?
Face au risque d’enlisement parlementaire, le gouvernement a choisi de publier la PPE3 par décret, une décision qui divise. Certains observateurs, comme le Cercle d’études et de réflexions sur le mix énergétique (Cérémé), s’inquiètent de ce contournement du débat démocratique : « Personne ne comprendrait qu’un texte qui engage les finances publiques de l’État pendant des décennies ne soit pas examiné et adopté par le Parlement » . Cette méthode, bien que permettant une mise en œuvre rapide, soulève des questions sur la légitimité et la pérennité des mesures proposées.
2. La PPE3 affiche une volonté forte de décarbonation et de réindustrialisation. Pourtant, le Réseau Action Climat pointe un manque criant de dispositifs financiers à la hauteur des ambitions : « Le grand absent de la présentation de cette PPE est l’objectif de réduction de la consommation totale d’énergie, pourtant essentiel au vu de la loi française et européenne » . Les budgets alloués à des dispositifs clés comme Ma Prime Rénov’ ou le Fonds Vélo ont été réduits, ce qui interroge sur la capacité réelle à atteindre les cibles fixées.
Le développement de l’éolien en mer ne fait pas l’unanimité surtout en Bretagne où le risque de défiguration du territoire indigne les populations et amoureux de ces rivages. L’adoption par décret a été perçue par ceux ci comme un affront et révéle des décisions prises par le pouvoir central sans concertation avec les élus et populations locales.


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